Cataracte congénitale |
La cataracte congénitale peut être totale, obturante ou partielle. Lorsqu'elle est obturante à la naissance, il n'y a pas ou peu de sollicitation rétinienne, et l'intervention doit être très précoce, pour donner les meilleures chances possibles de développement sensoriel.
On a longtemps considéré que cette intervention devait être faite avant la 5ème semaine, mais cela en augmente beaucoup les difficultés et les risques de complications. Il semble maintenant que l'on puisse se donner un délai un peu plus large, deux mois, parfois trois, si l'on prend la précaution de dilater la pupille de façon à permettre une faible sollicitation lumineuse sur la macula, car ces cataractes sont en fait translucides plutôt qu'opaques.
Cela
change beaucoup le pronostic de l'intervention, et surtout permet d'implanter
dans d'assez bonnes conditions, permettant de réaliser des conditions
post opératoires nettement plus physiologiques. Mais il est des cas où
la cataracte est complètement opaque et la pupille absolument indilatable,
et il faut alors opérer de façon urgente et précoce, avec
ou sans implant selon les possibilités anatomiques.
Lorsque la cataracte est partielle, le délai de l'opération peut
être rallongé.
Si elle est unilatérale, on l'opère vers l'âge de 4 mois, en demandant aux parents de cacher le bon oeil de façon intermittente pour solliciter la macula de l'oeil atteint, et à cet âge, le geste chirurgical est devenu nettement moins problématique. Si elle est bilatérale, il faut se baser sur le comportement de l'enfant et sur les tests objectifs, regard préférentiel, ERG, PEV, pour juger de l'opportunité de l'indication. Il arrive souvent que l'on puisse retarder l'intervention jusqu'à l'âge de 3, voire 5 ans, ce qui facilitera le choix de la puissance de l'implant. En effet, un des problèmes de la cataracte congénitale est qu'il s'agit d'une chirurgie fonctionnelle et réfractive sur un oeil en pleine croissance.
Cette
croissance est très importante pendant les premiers mois de la vie et
devient plus lente ensuite. Il faut donc faire une appréciation de la
puissance de l'implant qui sera emmétropisant à la fin de cette
croissance, ce qui représente un travail prospectif avec ses aléas.