Cataracte congénitale, glaucome …

Pratique d’une activité physique et sportive

 

Les bienfaits du mouvement sur notre corps et notre esprit ne sont plus à prouver, l’activité physique permet d’oxygéner notre organisme, de maintenir notre squelette en bon état et joue un rôle indéniable sur notre moral.

 

Lorsque nous sommes atteints de cataracte ou (et) de glaucome, puisque ces pathologies font souvent équipe, l’activité physique et sportive ne nous est pas interdite mais certaines pratiques ne font pas bon ménage avec nos yeux fragilisés. En résumé, ces derniers sont rendus vulnérables suite à l’ablation du cristallin opacifié à la naissance et, à la mauvaise circulation du liquide au niveau de l’oeil (glaucome) qui est souvent de petite taille. Le fait d'enlever le cristallin crée un déséquilibre au niveau de l'oeil  qui le prédispose aussi aux décollements de rétine. Même implanté l'oeil reste fragile.

 

Malgré tout, nous ne sommes pas exclus pour autant du plaisir et des bienfaits que provoque l'activité physique et sportive, ils suffit de connaître nos limites et même malgré les pratiques qui nous sont déconseillées beaucoup d'autres restent possibles.

 

Adultes, quelles sont les activités qui nous sont préjudiciables ?

 

Tous les sports de combat : boxe, judo, aïkido, etc

Les jeux de balle et de ballon : rugby, handball, etc … et même les jeux spécifiques pour les personnes déficientes visuelles tels que le torball, goalball et le cécifoot ne nous sont pas recommandés; un accident est déjà survenu au cours d'un match de torball:

 

Les sports subaquatiques au-dessous de 2 mètres ainsi que les grands plongeons et certains sports mécaniques ne nous sont pas recommandés.

Il ne faut pas hésiter à prendre conseil auprès d'un médecin soit auprès d'un généraliste, d'un médecin du sport ou d'un médecin ophtalmologiste, Il est de toutes façons très souvent nécessaire de fournir un certificat médical de non contre-indication à la pratique sportive lors de l'inscription dans un club, il ne faut donc pas hésiter à  parler de votre problème visuel à ce moment là au médecin.

 

Y a-t-il des précautions particulières à prendre lors de la pratique d'une activité physique ou sportive ?

 

Comme pour tout le monde, il est judicieux de ne pas se lancer dans la pratique d'une activité de façon intensive sans y être préparé.

La pratique d'une activité physique et sportive doit être régulière, progressive et respectueuse de nos limites.

Les activités comportant des efforts brefs et violents sont à proscrire ainsi que l'enchaînement des marathons.

Suivant notre acuité visuelle, il est bon de signaler nos difficultés afin que la pédagogie pour l'apprentissage, voire la pratique de l'activité physique et sportive soit aménagée. Actuellement, beaucoup de fédérations sportives s'ouvrent au monde du handicap, la période est donc propice pour les solliciter et parler tout simplement de notre déficience.

Il est aussi possible de faire du sport dans un club handisport.

Pour la pratique de certaines activités de pleine nature, le problème de notre guidage peut se poser.

 

Qu'en est-il de la pratique d'une activité physique chez l'enfant?

 

Elle est essentielle pour son développement psychomoteur. Il ne faut pas hésiter à utiliser les actes de la vie de tous les jours pour stimuler la motricité de l'enfant de façon ludique.

Un enfant qui a été correctement stimulé et qui n'a donc pas de retard psychomoteur peut pratiquer une activité d'éveil ou de découverte d'un sport adapté à son jeune âge sans que la déficience ne se remarque.

Vers l'âge de 6 ou 8 ans ou plus tard suivant les activités, la différence commence à se faire sentir. Au-delà, il faudra peut-être accepter sa différence, aménager la pratique ou même en changer. Tout dépend de l'activité, du lieu, de l'encadrant ... Les possibilités de choix restent tellement nombreuses qu'il sera toujours possible d'en trouver une qui convienne.

 

Et qu'en est-il de la participation aux cours d'EPS et aux sports scolaires?

 

La participation aux cours d'EPS est obligatoire tout comme la participation aux cours de Français et de Mathématiques. Avec les pathologies dont souffrent nos enfants, il est nécessaire de fournir un certificat médical pour une dispense partielle : sport de combat, sports collectifs de balle ou de ballon, grands plongeons.

L'USEP (Union Sportive de l’Enseignement du Premier degrés) et l'UNSS (Union Nationale du Sport Scolaire) commencent à s'ouvrir aux élèves handicapés. Une convention a été signée entre l'UNSS et la FFH (Fédération Française Handisport) ainsi qu'une charte entre l'USEP, la FFH et certaines fédérations de parents d'élèves dont la PEEP.

Il ne faut pas hésiter à solliciter l'USEP et l'UNSS pour que les enfants participent aux activités mais malgré les différents accords conclus en haut lieu, l'accueil d'un enfant différent dépend encore du bon vouloir de l'encadrant. Les mentalités commencent à changer ! Il faut faire valoir nos droits mais si une trop grande résistance est opposée, il ne faut pas que l'enfant soit pénalisé. Si l'enfant est refusé, il est bon d'en aviser les instances départementales et pourquoi pas fédérales.

 

En espérant que ces quelques réflexions vous aideront dans le choix d'une activité pour vos enfants ou pour vous -même.  Marchez ! Dansez ! Nagez ! Naviguez ! Skiez ! Tirez à la carabine ou à l'arc ! … Dans les prochains numéros de notre revue et lors de journées de rencontre annuelle une activité physique et sportive vous sera présentée plus en détails.

 

Christiane MASSALAZ

Kinésithérapeute

Conseillère technique auprès de la Commission des sports pour handicapés visuels